Le projet en un coup d’œil
- Sujet : Les lanciers de la guerre franco-anglaise se traitent comme une unité de jeu cohérente avant de devenir une collection de détails historiques.
- Repère : contenu classé dans la rubrique Miniatures & Wargames.
- Format : une lecture estimée à 13 min.
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- 01Commencez par définir l’unité que vous voulez représenter
- 02Pourquoi la France et l’Angleterre se sont-elles affrontées ?
- 03Une guerre faite de ruptures, d’alliances et de reconquêtes
- 04Charles, Édouard, Jeanne : quels personnages donnent du sens à une armée ?
- 05Concevoir des lanciers lisibles sur la table
- 06Préparer les figurines, du maillage au soclage
- 07Quelle bataille choisir pour votre scénario ?
- 08Un résumé accessible aux élèves de CM2
- 09Questions fréquentes
Les lanciers de la guerre franco-anglaise se traitent comme une unité de jeu cohérente avant de devenir une collection de détails historiques. Le conflit oppose durablement les royaumes de France et d’Angleterre autour de droits dynastiques, de territoires et de fidélités féodales. Pour obtenir une troupe lisible sur la table, vous devez choisir une période, un camp et une fonction tactique avant la peinture. Voici comment sélectionner, préparer, peindre et mettre en scène vos figurines sans transformer chaque tunique en dissertation héraldique.
Commencez par définir l’unité que vous voulez représenter
Un groupe de lanciers ne se résume pas à des hommes portant la même arme. Son apparence dépend de son camp, de son statut et de son rôle sur le champ de bataille : troupe communale, contingent féodal, garde d’un seigneur ou combattants démontés.
La première décision concerne la scène. Une unité statique, hampes dressées, évoque une formation qui attend le choc. Des lances inclinées et des corps penchés vers l’avant suggèrent une progression. Des poses irrégulières conviennent davantage à une mêlée, une levée pressée ou une troupe déjà désorganisée.
Évitez toutefois de mélanger toutes les attitudes disponibles sur un même socle. Une silhouette collective claire produit souvent un résultat plus convaincant qu’une accumulation de poses spectaculaires. Placez les figurines les plus calmes au centre, puis utilisez les mouvements marqués sur le premier rang ou les flancs.
Le choix du camp vient ensuite. Français, Anglais, Bourguignons et contingents liés à la Guyenne ne se distinguent pas seulement par quelques couleurs. Le commandement, les fidélités et le contexte de campagne donnent du sens aux emblèmes. Une troupe rattachée au roi de France ne se peint pas comme la suite personnelle d’un duc de Bourgogne.
Votre meilleur garde-fou reste une fiche d’unité très courte : camp, phase du conflit, chef éventuel, fonction et terrain prévu. Cette fiche empêche de choisir les couleurs uniquement parce qu’elles sont jolies côte à côte, même si ce péché d’atelier reste beaucoup moins grave qu’une rangée de lances collées de travers.
Pourquoi la France et l’Angleterre se sont-elles affrontées ?
Le conflit naît d’un enchevêtrement de succession dynastique, de souveraineté féodale et de rivalités territoriales. La couronne française et la monarchie anglaise ne se disputent donc pas une cause unique, mais plusieurs droits dont les interprétations deviennent incompatibles.
À la mort des héritiers directs de Philippe le Bel, la succession au trône de France ouvre une crise. Édouard III d’Angleterre possède un lien dynastique avec la famille royale française, tandis que Philippe est reconnu roi par les grands du royaume. Cette opposition nourrit la revendication anglaise sans résumer, à elle seule, toutes les causes de la guerre.
La Guyenne constitue un autre nœud du problème. Le roi d’Angleterre y détient des terres tout en étant, pour celles-ci, lié au roi de France par les règles féodales. Cette double position de souverain et de vassal entretient une tension politique permanente. Les confiscations, les hommages contestés et les interventions militaires aggravent progressivement la rupture.
Les rivalités commerciales, maritimes et diplomatiques renforcent encore l’affrontement. Chaque couronne cherche des alliés et soutient les adversaires de l’autre. Pour votre projet de figurines, cette complexité est utile : elle autorise des armées composites, mais demande de savoir pourquoi plusieurs contingents combattent ensemble.
Ne cherchez pas à résumer cette origine par une simple querelle familiale. Une armée crédible montre aussi les fractures internes des royaumes, notamment lorsque les Bourguignons, les Armagnacs ou les partisans de Charles le Mauvais poursuivent leurs propres intérêts.
Une guerre faite de ruptures, d’alliances et de reconquêtes
La période ne forme pas une campagne continue. Elle alterne offensives anglaises, crises de la monarchie française, trêves, guerres civiles et reconquêtes. Pour le modéliste, choisir une phase précise est plus important que rechercher une apparence universelle du combattant médiéval.
Les débuts sont marqués par les ambitions d’Édouard III d’Angleterre et par des succès anglais qui fragilisent le royaume de France. Jean le Bon incarne ensuite une monarchie confrontée aux revers militaires, aux tensions politiques et aux difficultés de commandement. Les longues armes, les arcs, les protections et les bannières doivent être pensés dans ce contexte plutôt que réunis au hasard.
Sous Charles, le pouvoir français privilégie une reprise progressive des territoires et une conduite plus méthodique de la guerre. Cette phase se prête bien à des scénarios d’escarmouche, de siège, de convoi ou de reprise d’une place forte. Vos lanciers peuvent alors représenter une garnison, une escorte ou une troupe chargée de tenir un passage.
La guerre civile entre factions françaises change ensuite la lecture des couleurs. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, devient un acteur majeur d’un royaume divisé. Une livrée bourguignonne ne signifie donc pas automatiquement une armée étrangère à la France : elle peut désigner une fidélité politique opposée à celle d’autres princes français.
Le traité de Troyes traduit l’ampleur de la crise dynastique et ouvre une nouvelle lutte autour de la légitimité royale. Jeanne d’Arc intervient dans cette phase tardive et devient un personnage décisif du redressement français. Son importance tient autant à l’effet politique de son action qu’à sa présence militaire.
Avant d’acheter, de convertir ou d’imprimer vos lanciers, choisissez donc une séquence narrative : avancée anglaise, résistance locale, guerre entre factions, défense d’une ville ou reconquête française. Ce cadre vous indiquera quelles figurines intégrer et lesquelles garder pour un autre projet.
Charles, Édouard, Jeanne : quels personnages donnent du sens à une armée ?
Aucun personnage ne résume seul toute la guerre. Édouard III, plusieurs rois nommés Charles, Jean le Bon, le duc de Bourgogne et Jeanne d’Arc incarnent des moments différents. Le bon choix dépend du scénario que votre unité doit raconter.
Édouard structure la revendication anglaise et les premières grandes campagnes. Il convient à une armée anglaise organisée autour de la légitimité royale, de contingents féodaux et d’alliés continentaux. Sa présence peut être suggérée par une bannière de commandement, sans avoir à placer le souverain au milieu de chaque escarmouche.
Jean le Bon correspond à une monarchie française sous forte pression. Une force construite autour de son époque gagne à montrer la diversité des suites seigneuriales : livrées distinctes, boucliers variés et commandement visible. L’ensemble doit rester lisible, car la variété héraldique peut rapidement transformer le socle en nuancier agité.
Charles le Mauvais offre un autre angle. Ses changements d’alliance et ses ambitions rappellent que la ligne de partage ne passe pas toujours simplement entre Français et Anglais. Il convient particulièrement aux campagnes narratives où la diplomatie, la trahison et les objectifs personnels comptent autant que la bataille rangée.
Jean sans Peur permet de construire une force bourguignonne dotée d’une identité forte. Vous pouvez distinguer la suite ducale par une palette commune, puis laisser davantage de variations aux contingents secondaires. La cohérence vient de la répétition de quelques signes, pas de l’uniformité moderne.
Jeanne d’Arc reste la figure la plus immédiatement reconnaissable de la phase de reconquête. Pour éviter l’effet de personnage isolé posé devant une troupe générique, faites répondre sa bannière, son escorte et les couleurs des socles. La composition doit montrer un commandement entouré d’une armée, pas une figurine vedette égarée entre deux rangs.
Concevoir des lanciers lisibles sur la table
La lisibilité repose sur trois éléments : la direction des hampes, le rythme des silhouettes et la répétition des couleurs. Les petits détails historiques enrichissent l’unité de près, mais sa fonction doit être compréhensible dès le premier regard.
| Choix de composition | Effet visuel | Usage conseillé | Limite |
|---|---|---|---|
| Hampes verticales | Formation stable et dense | Garde, réserve, défense | Silhouette parfois trop statique |
| Lances inclinées | Progression et menace | Assaut, avance, premier rang | Encombrement accru sur la table |
| Poses mélangées | Désordre et tension | Mêlée, levée, troupe éprouvée | Cohésion visuelle plus difficile |
| Palette commune | Identification immédiate | Suite seigneuriale, garde | Risque d’uniformité excessive |
| Couleurs variées | Aspect féodal et composite | Contingents alliés | Lecture confuse sans rappels communs |
Sur un socle collectif, orientez les corps avant de fixer les armes. Vérifiez les contacts entre figurines, les lances voisines et le débordement hors de la base. Une composition séduisante vue de face peut devenir impossible à déplacer lorsque les hampes s’accrochent aux unités adjacentes.
Les éléments répétés créent l’identité. Une couleur de tunique, un motif de bouclier ou une teinte de bois commune suffit à relier des combattants différents. Gardez les contrastes les plus forts pour les visages, les boucliers et les armes, qui structurent la lecture à distance.
La bannière mérite une place visible, mais elle ne doit pas masquer toute la formation. Décalez-la légèrement et entourez-la de poses plus sobres. Vous obtiendrez un point focal sans donner l’impression que les lanciers se battent derrière un rideau héraldique.
Préparer les figurines, du maillage au soclage
Une unité réussie commence avant la peinture. Pour des modèles imprimés, la sculpture numérique doit anticiper la réduction, les supports et la manipulation en jeu. Une hampe réaliste à l’écran peut devenir cassante une fois imprimée.
Contrôler le modèle avant le tranchage
Inspectez d’abord le maillage. Recherchez les surfaces ouvertes, les intersections douteuses et les pièces seulement posées les unes contre les autres. Les mains, les lances, les attaches de bouclier et les chevilles demandent une attention particulière, car une rupture à cet endroit compromet toute la figurine.
Choisissez ensuite entre fichier STL et fichier 3MF selon votre méthode de travail. Le premier transporte couramment la géométrie, tandis que le second peut conserver davantage d’informations de préparation. Dans les deux cas, gardez une version non modifiée du modèle avant d’épaissir ou de fusionner les parties fragiles.
Orienter et soutenir sans mutiler la silhouette
Dans le trancheur, inclinez la figurine pour éviter les grandes sections qui apparaissent brutalement. Contrôlez les îlots couche par couche, surtout sous les mains, les pans de vêtement, les pointes et les boucliers. Un détail suspendu sans liaison préalable ne sera pas sauvé par une exposition augmentée au hasard.
Placez les supports sur les zones moins visibles et renforcez ceux qui portent la masse principale. Évitez autant que possible les visages, les arêtes des boucliers et les hampes. Une marque de support sur une cape se corrige ; une pointe de lance arrachée oblige souvent à reconstruire l’arme.
Peindre pour le jeu, pas seulement pour la loupe
Après le post-traitement, appliquez une sous-couche qui conserve la lecture des volumes. Un zénithal peut guider le placement des lumières sur les casques, les épaules et les plis. Travaillez ensuite par masses : étoffes, métal, cuir, bois, carnations et boucliers.
Les glacis servent à relier les transitions ou à varier les étoffes sans multiplier les mélanges. Sur une unité nombreuse, mieux vaut répéter une méthode stable que reprendre chaque figurine comme une pièce d’exposition. Concentrez le temps de peinture sur les zones qui orientent le regard.
Terminez par le soclage de toute l’unité dans une même séance. Une texture, une végétation et une gamme de terrain communes réunissent des poses ou des livrées différentes. Le socle devient alors le dernier niveau de cohérence, particulièrement utile pour représenter une coalition féodale.
Quelle bataille choisir pour votre scénario ?
Il n’existe pas de « plus grande bataille » incontestable sans préciser le critère : effectifs engagés, conséquences politiques, pertes, territoire ou place dans la mémoire collective. Pour le jeu, la bataille la plus pertinente est celle qui produit les décisions tactiques les plus intéressantes pour vos figurines.
Les grandes victoires anglaises sont souvent associées à l’efficacité des positions défensives, au tir et aux difficultés rencontrées par les assaillants. Elles conviennent à des scénarios où le terrain, les obstacles et la progression sous les projectiles comptent davantage qu’un simple choc frontal.
D’autres affrontements mettent en avant la capture d’un roi, la rupture du commandement ou l’effondrement d’une armée. Ils permettent d’introduire des objectifs asymétriques : protéger un personnage, maintenir une voie de retraite, saisir une bannière ou empêcher la désorganisation d’un contingent.
Les opérations liées à Paris, aux sièges et aux reconquêtes offrent encore plus de liberté. Elles justifient des tables urbaines, des portes, des barricades et des détachements réduits. Vos lanciers y retrouvent une fonction concrète : tenir une rue, protéger un passage ou contenir une sortie.
Pour une première partie, choisissez un épisode dont le terrain et l’objectif sont faciles à identifier. Vous pourrez ensuite ajouter les rivalités entre princes, les changements d’alliance et les contraintes de commandement sans alourdir immédiatement les règles.
Un résumé accessible aux élèves de CM2
La guerre franco-anglaise est une longue période de combats entre les royaumes de France et d’Angleterre. Les rois anglais revendiquent la couronne française et cherchent aussi à conserver ou agrandir leurs territoires en France. Les rois français défendent leur pouvoir et tentent de reprendre les régions contrôlées par leurs adversaires.
La France connaît des défaites, des divisions entre grands seigneurs et une grave crise de succession. Les Anglais remportent plusieurs batailles importantes, tandis que des princes français, dont le duc de Bourgogne, suivent parfois des camps opposés. Le conflit ne se déroule donc pas comme un duel simple entre deux peuples unis.
Jeanne d’Arc soutient le camp de Charles et participe au retour de la confiance française. La monarchie reprend progressivement l’avantage et récupère la plupart des territoires disputés. Le royaume de France sort renforcé, tandis que la domination anglaise sur le continent recule fortement.
Pour retenir l’essentiel, associez chaque étape à une idée : revendication du trône, succès anglais, divisions françaises, intervention de Jeanne d’Arc, puis reconquête. Cette trame reste volontairement simple, mais elle explique le mouvement général sans effacer les rivalités féodales.
Questions fréquentes
Les lanciers français et anglais portaient-ils des uniformes nationaux ?
Non. Les combattants pouvaient afficher les couleurs, emblèmes ou livrées d’un seigneur, d’une ville ou d’un contingent. Utilisez quelques rappels communs pour le jeu, sans peindre toute l’armée comme une formation moderne.
Faut-il respecter exactement chaque blason historique ?
Cela dépend de votre projet. Une armée consacrée à un personnage précis mérite une recherche héraldique attentive, tandis qu’une force générique peut rester crédible avec des couleurs cohérentes et des emblèmes plausibles clairement présentés comme tels.
Peut-on remplacer les lances imprimées par des hampes séparées ?
Oui, si les armes d’origine sont trop fragiles ou déformées. Percez les mains avec précaution, alignez les hampes avant collage et vérifiez leur encombrement sur le socle afin de préserver la solidité de l’unité.
Jeanne d’Arc commandait-elle toutes les armées françaises ?
Non. Elle joue un rôle militaire, politique et symbolique majeur durant une phase de la reconquête, mais elle agit au sein d’un ensemble comprenant le roi, les capitaines, les princes et leurs troupes.
Une unité de lanciers convaincante raconte d’abord une fidélité, une fonction et un moment du conflit. Choisissez ce cadre avant les emblèmes, puis construisez la cohérence avec les poses, les hampes, la palette et le soclage. Si vous devez arbitrer entre un détail invisible et une silhouette solide, privilégiez la silhouette : sur la table, elle portera mieux l’histoire. Les archers, hommes d’armes et éléments de terrain pourront ensuite élargir cette première troupe en véritable armée de campagne.
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